jeudi 16 janvier 2014

Bali, une île qui fait rêver ?






Bali vous fait rêver? Rien de mieux que d'y faire un tour pour ne plus fantasmer sur cette île, tant l'écart entre le rêve et la réalité est grand. 

J'exagère? Tentons d'être objective... 

L'île peut être séduisante : l'omniprésence de l’hindouisme visible dans les offrandes, cérémonies quotidiennes et temples multiples, l'architecture balinaise, les spas, la nature luxuriante, la beauté et l'intelligence des rizières (un travail éreintant), les danses et tenues traditionnelles, les sourires de certains, l'abondance de fruits, les plages de sable noir, les fonds marins, les embarcations des pêcheurs, une culture unique au monde... Après tout, c'est l"île des dieux", non? 
Mais, car il y a un "mais", Bali, c'est aussi un ultra-développement touristique, des embouteillages, de la circulation, des rencontres biaisées par les rapports marchands et la différence de revenus, une vision bien pauvre de l'Australie à travers ses représentants venus surfer et se saouler à bas prix (ce n'est pas comme s'ils avaient des plages et des bars dans leur pays), la nécessité de négocier tous les prix annoncés, systématiquement excessifs, des ordures jonchant les plages et les espaces naturels, et un problème  paradoxal d'approvisionnement en eau, si j'en crois certains articles, en raison de l'utilisation qu'en font les hôtels. 

Il suffit de se renseigner un peu pour le savoir avant de venir, mais j'avais espoir qu'il serait possible de sortir des sentiers battus et de faire de belles rencontres. Echec et mat! Voyageurs et routards, si vous cherchez de l'authenticité, ne restez pas trop longtemps ici, à moins d'avoir des contacts ou un guide qui vous aideront à gratter la surface pour rentrer dans le vif du sujet : fuyez plus loin vers l'Est. Lombok, Florès, Sulawesi... L'Indonésie est vaste et vous attend. 

Mes meilleurs moments sont donc moins liés au voyage en lui-même qu'à de nouvelles expériences, l'un des bons côtés de Bali: la découverte de la plongée et des fonds marins, mon cours de danse balinaise à Ubud à l'issue duquel l'enseignante m'a proposé de participer à la cérémonie de son village, le stage de méditation vipassana animé par un moine bouddhiste du Myanmar et mon court séjour sur l'île de Nusa Lembongan, où une norvégienne m'a conseillé un hébergement à Lombok tout en me recommandant d'éviter la chambre du premier étage, hantée. Puis en me rassurant : si on buvait suffisamment de Bintang – la bière locale – les esprits ne pourraient pas établir de communication avec nous ; par précaution, et même si nous étions sur une autre île, nous en avons donc repris une dernière. Efficace. 

J'étais curieuse de découvrir Ubud, mais si les environs sont superbes (jungle et rizières), le centre où j'ai échoué lors de mon arrivée de nuit est ultra-commercial (« taxi, taxi, taxi taxi »!!!!). Je me suis même demandé un temps où étaient les fameuses rizières... Un conseil: choisissez un hébergement hors centre. Le livre puis le filme "Eat, pray, love" ont entraîné un développement de l'industrie du bien-être qui attire nombre d'européens (surtout d'européennes) et rend le tout assez factice. Difficile d'y trouver de l'authenticité. Ou même du sens. 


Néanmoins, dans les environs, il y a de belles ballades, notamment au Tirta Empul, le temple de l'eau, dans lequel les balinais viennent se purifier et récolter l'eau de la source sacrée pour leurs rituels. A l'Ouest d'Ubud, à une ou deux heures de route, les rizières de Jatiluwih sont très belles et il est possible de poursuivre jusqu'au temple Batukaru, perdu dans la montagne et la jungle.

On peut aussi goûter le babi guling, se détendre dans un spa, observer les singes de la forêt, assister à un spectacle de Legong ou de Kecak, se promener dans les rizières, explorer les villages d'artisans et d'artistes alentour, partir en excursion faire l’ascension du Mont Batur, l'un des volcans de l'île, pour assister au lever du soleil (entre deux nuages). Certains proposent l'ascension du Mont Agun, la montagne la plus sacrée de l'île, en quatre heures mais il semble qu'elle prenne plutôt douze heures, comme en témoignaient deux américains rentrés épuisés. 

Sur la côte Nord, Lovina est une station balnéaire endormie assez agréable (à condition de supporter le harcèlement des vendeurs malheureusement désœuvrés) : on peut observer la vie des pêcheurs, s'immerger dans les sources d'eau chaude de Banjar, méditer au temple bouddhiste de l'île, le Bramavihara Arama, ou plonger à Menjangan à une heure de là. Je voulais randonner à Munduk, dans les montagnes, mais des pluies diluviennes m'en ont dissuadée. Je n'aurai pas tout vu à Bali : il manque la plage d'Uluwatu, la péninsule de Kii, le coucher de soleil à Tanah Lot, mais plutôt que d'ajouter des sites à ma liste déjà bien remplie et considérant que j'avais assez donné, j'ai décidé de finir mon séjour au rythme tranquille de l'île de Nusa Penida, dont je vous parlerai prochainement. A suivre...

NB: pour ceux que ça intéresse, un article des études caribéennes (http://etudescaribeennes.revues.org/5385) expose la problématique de Bali avec justesse. Il laisse planer un doute entre "last paradise" ou "lost paradise". Mais il date de 2011. Pour ma part, en 2013, le doute est levé: "lost paradise". 



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