
"J'ai
des copains de plongée à Bali en ce moment, je vous mets en contact"
– ma sœur, en novembre. Elle m'aurait proposé ça il y a
quelques mois, je n'aurais pas suivi : sport à risque + respirer sous
l'eau dans un tuyau = euh...non, vraiment, non, merci, n'insistez
pas... Il me fallait bien un périple en Asie pour décider de m'y mettre. Pour lever des appréhensions bien naturelles, j'ai commencé par un baptême de plongée à
Lorient, sur la plage du Perello, mené avec brio par ma sœur et
coachée par mon beau-frère, lequel m'a supplié de ne pas faire pipi
dans sa combinaison de plongée même pour me réchauffer (le "nareux", comme disent
les Lorrains). Par contre, j'avais le
droit de cracher dans son masque pour éviter la buée. Sympa, la plongée... Au-delà de
ces aspects régressifs, j'ai découvert des paysages sous-marins que
j'étais loin de soupçonner en allant me dorer sur cette plage tous
les étés : laminaires, algues vertes, rouges, roses, spirographe,
bernards l'hermite, anémones... J'en suis sortie enchantée. Si vous avez suivi, j'ai ensuite acquis les bases en
passant l'Open Water aux îles Gili, puis enchaîné sur des "fun
dives" à Nusa Lembogan. La proposition de Laurent tombait donc à point nommé : me joindre
à eux pour plonger sur le Liberty, un navire américain torpillé par les Japonais
en 1942, échoué sur la cote Est de Bali et rejeté à la mer par
une éruption du mont Agun en 1963.
Nous avons quitté Sanur le lundi
matin (si vous n'avez rien de spécial à y faire, inutile de vous y
attarder) pour rejoindre Tulamben, en faisant étape
à Tirta Ganga, le palais des eaux.
A
l'arrivée, déception: les prix du bon plan avaient quintuplé en un
an... et n'imaginez pas convaincre des plongeurs émérites d'envisager
un repli loin du rivage, alors qu'il leur suffirait de chausser les palmes
pour rejoindre l'épave. Heureusement, nous avons trouvé refuge
quelques mètres plus haut à Aqua Dive Paradise, qui proposait,
outre un équipement de qualité, des chambres simples, propres,
confortables et pas chères. J'avais prévu de faire une ou deux
plongées puis d'explorer l'arrière-pays. C'était sans compter la
richesse de la vie sous-marine sur cette épave et la passion
communicative de Laurent et Laetitia pour les fonds marins.
Finalement, j'en ai fait six, dont une de nuit au cours de laquelle
nous avons vu d'énormes poissons perroquets à bosse dissimulés
dans les recoins de l'épave et des mérous en chasse (mantra:
"rester calme, rester calme, rester calme... Bon, les palmes de
Laurent sont blanches et noires, facile, j'me tromperai pas de
palanquée... Ciel! Du courant! Mayday, mayday! je m'écrase contre
l'épave!"). Ils ont eu la gentillesse de partager leur plongées
et leurs conseils avec une débutante qui consommait son air deux
fois plus vite (
"Quoi? Il vous reste 100 bars? Mais pourquoi il
m'en reste 50?!..." ou comment comprendre très concrètement que les muscles consomment de l'oxygène). Mon vocabulaire s'est enrichi de nouveaux mots (merci à Laurent Trapani pour les photos)...

comatules
ascidies


anguilles jardinières

bénitiers...

... et mon imaginaire d'un monde fabuleux, riche de couleurs et de formes. Il y a tellement de poissons sur cette épave qu'on finirait par se prendre pour l'un d'entre eux... Allez, les dernières pour la route:

S'ils n'avaient pas eu un avion à prendre, ça aurait pu durer longtemps! Nous avons complété le séjour par une excursion à la cascade de Tejakulah, une ballade rafraîchissante, et au Pura Lempuyan, le temple de l'Est. Conclusion: il est plus facile de plonger que de grimper 1700 marches sous un climat tropical dans la jungle... On s'est arrêtés avant les singes agressifs et le dernier temple, perdu dans la brume.
Pour conclure, un grand merci à Laurent et Laetitia pour les bons moments partagés et ces plongées que je n'aurais jamais réalisées sans eux. Méfiez-vous : plus on plonge, plus on y prend goût...
Côté
pratique:
Passer l'open water: près d'un même site, les prix sont les mêmes, mais d'un site à l'autre, ça peut varier: 350 dollars à Gili T contre 280 dollars à Amed à Bali...
Plonger à Tulamben: Aqua Dive Paradise propose des chambres pas chères et loue des équipements de plongée en bon état, en plus d'être à quelques pas de l'épave du Liberty
Dis moi ça a l'air cool de buller et de découvrir les fonds marins :)
RépondreSupprimerP.A.S
cool et addictif (ceci dit, l'aspect financier limite l'addiction...)
RépondreSupprimerdernier cadeau de noel: le récit de ton périple et la possibilité de toucher du doigt la magie des plongées qui resteront virtuelles pour moi: le sol breton me convient mais tu nous fais rêver !- Ac
RépondreSupprimerBonjour,
RépondreSupprimerJe pars avec mon copain mercredi faire hanoi, kuala lumpur et bali. Je voulais au départ d'Ubud aller faire de la plongée à Tulamben en scooter, penses-tu que c'est possible ? Ou faut-il prendre un chauffeur obligatoirement ?
Merci d'avance !
Je pense que c'est possible, en sachant qu'il y a bien trois heures de route et de la circulation à la balinaise. J'ai pris un chauffeur parce que je me rendais d'un point A à un point B et n'avais pas l'intention de ramener le scooter ensuite. L'idéal pour Bali reste de louer un scooter pour faire le tour de l'île et être libres d'aller où bon vous semble.
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